Le troisième cycle du trivium (la rhétorique) s’étale de la neuvième à la douzième année. Aux matières déjà couvertes dans la phase « Logique », soit : grammaire, écriture, mathématiques, sciences, latin, religion, arts plastiques, musique et langue étrangère, nous ajoutons la rhétorique et l’étude des « Grands livres ». On reprendra le même cycle de quatre ans en sciences en allant encore plus loin. On peut aussi ajouter en onzième et douzième année de l’informatique si on ne fait pas de mathématiques avancées.
La rhétorique est l’art de l’expression. Durant cette étape, l’étudiant apprend à s’exprimer avec aisance, grâce, élégance et persuasion. Comme l’expression de soi est un des plus grands désirs de l’adolescence, les étudiants du deuxième cycle du secondaire devraient avoir une formation en rhétorique pour qu’ils puissent dire, clairement et de façon convaincante, ce qu’ils ont dans la tête.
Les quatre dernières années de l’éducation classique met l’importance sur l’expression et la flexibilité. L’étudiant s’exprime continuellement en écrivant et en parlant de ce qu’il apprend. Au début, la rhétorique est une matière à étudier comme les autres, comme la logique durant les années précédentes. Mais les compétences acquises en étudiant la rhétorique sont ensuite exercées en histoire, sciences et littérature. Durant les deux dernières années d’études, l’étudiant entreprendra deux projets d’écriture majeurs portant sur un sujet de son choix, qui montreront sa maîtrise de la rhétorique autant que ses connaissances.
Une autre caractéristique distinctive de l’étape de la rhétorique est sa concentration sur les « Grands livres ». L’histoire et la littérature entrelacées, l’étudiant lira les oeuvres des grands penseurs de la Grèce antique jusqu’à aujourd’hui. Les « Grands livres » sont la rhétorique en action; leur force de persuasion a résisté à l’épreuve du temps. Pendant que l’étudiant explore la rhétorique des auteurs classiques, il analyse la force de leurs arguments. Les « Grands livres » procurent une perspective historique sur les vérités acceptées par notre temps; ils peuvent empêcher l’étudiant de gober la rhétorique des orateurs modernes sans l’avoir préalablement digérée. (Note : Cet article est en grande partie une traduction libre du livre « The well-trained mind » afin de bien résumer le sujet.)