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Charlotte Mason en français – Préface

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Charlotte Mason

Charlotte Mason

L’été dernier, je me suis lancée dans un grand projet de traduction du sixième volume de Charlotte Mason. Bien que je sois un peu en retard dans mon échéancier que je m’étais fixé à moi-même, je viens de terminer de traduire la préface du sixième volume de Charlotte Mason.

Il s’agit plus exactement de la préface et du résumé de la pédagogie de Charlotte Mason. L’ouvrage a été écrit au début du XXe siècle, à la fin de la vie de Charlotte Mason, peu de temps avant son décès, dans un style assez victorien et résume l’ensemble de sa pédagogie. Donc, beaucoup de référence à Dieu et beaucoup de tournures de phrases écrites au passé simple.

J’espère que ce ne sera pas trop rébarbatif à lire.

 

 

 

Charlotte Mason Préface Sixième Volume

Ce que j’aime de la pédagogie Charlotte Mason…

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Après vous avoir présenté la pédagogie Charlotte Mason, j’aimerais vous partager mon opinion sur celle-ci.
Les habituées de mon blogue savent que j’ai commencé une traduction du sixième volume de Charlotte Mason. C’est une pédagogie qui gagne à être connue car elle est assez répandue chez les anglophones mais ses ouvrages n’ont jamais été traduits et il y a peu de renseignements disponible en français sur le web.Ce que j’apprécie plus particulièrement chez Charlotte Mason, c’est:

  • les leçons courtes qui permettent à l’enfant de bien se concentrer sur ce qu’il a à faire
  • le carnet d’étude de la nature, car je suis native d’un petit village situé dans une région éloignée des grands centres urbains et la nature est importante pour moi. Il faut que j’aille me promener dans le bois de temps en temps car c’est un besoin assez primordial chez-moi. Mon père nous a appris à observer les petits animaux et c’est toujours un plaisir de découvrir de nouvelles sortes d’animaux ou de plantes que nous ne sommes pas familiers d’observer.
  • l’apprentissage de plusieurs langues. Charlotte Mason faisait apprendre le français de façon orale à partir de la 1ère année et à partir de la 4e année, elle ajoutait l’écrit ainsi que l’étude du latin et de l’allemand. En 7e année, elle rajoutait l’étude de l’italien pour que ses élèves puissent se débrouiller avec les langues européennes de base.
  • la notion de livre « vivant »
  • la narration pour voir si l’enfant a compris sa lecture
  • l’appréciation de l’art (peinture et musique)
  • les travaux manuels, car on ne peut pas être tous des intellectuels

Le seul bémol que je trouve à cette méthode, c’est qu’on ne traite pas de sciences à part la botanique.

Trois blogues francophones qui parlent de la méthode Charlotte Mason

  • Apprendre… Autrement! : Blogue d’une maman québécoise, une vraie mine d’information. Elle met plein de fiches pédagogiques, de suggestion de lectures, ses planifications de la semaine, des pistes pour faire les narrations, etc…
  • La joie d’apprendre! : Blogue d’une maman acadienne, tout en photos, l’atmosphère qui se dégage de cette famille est magnifique. Sa fille fait du pain, de la décoration de gâteau et de la couture, les fils font de la mécanique, de la menuiserie et s’occupent de leurs poules et des moutons dont ils ont construits l’étable eux-mêmes!
  • Les petits Loups : Blogue d’une maman française qui a vécu cinq ans au Québec et qui est de retour en France depuis deux ou trois ans.

 

Pédagogie Charlotte Mason

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Charlotte Mason était une enseignante britannique qui vécu de 1842 à 1923. Bien qu’elle n’eût pas d’enfant et resta célibataire, elle fonda une école pour gouvernantes. Les gouvernantes à cette époque n’étaient pas que de simples gardiennes d’enfants mais aussi des préceptrices qui étaient responsables d’instruire les enfants à leurs charges.
À cette époque en Angleterre, l’éducation était encore réservée aux enfants des familles riches. Elle démontra avec sa méthode que les enfants des classes sociales moins nanties pouvaient être instruits. Sa méthode se résume ainsi : « L’éducation est une atmosphère, une discipline et une vie. »L’atmosphère faisant référence à l’environnement dans lequel l’enfant grandi. Charlotte croyait qu’elle constituait le tiers de l’éducation de l’enfant.

La discipline fait référence aux bonnes habitudes et aux bonnes manières. Cultiver de bonnes habitudes constituait le deuxième tiers de l’éducation de l’enfant.

Pour ce qui est de la vie, le troisième tiers de sa méthode, Charlotte croyait qu’il fallait donner aux enfants des idées vivantes et non des faits seulement. C’est pour cela que sa méthode d’enseignement a été construite autour de ce qu’elle appelle des « livres vivants ». Un livre vivant a été écrit avec passion comme une histoire et non comme un manuel scolaire aride et sec.

Elle enseignait l’épellation en dictant des passages des grands classiques qui communiquent des pensées plutôt qu’une liste de mots non reliés entre eux.

Elle préconisait que les enfants aillent jouer à l’extérieur le plus souvent possible, beau temps, mauvais temps. C’est pour cette raison que les notions académiques étaient vues en avant-midi et que l’après-midi était réservée pour aller dehors et observer la nature autour de soi.

Résumé de la méthode Charlotte Mason

Son approche pédagogique est caractérisée par:

  • de courtes leçons (entre dix et trente minutes selon l’âge de l’enfant)
  • les carnets nature pour y noter ses observations et dessiner ce que l’on a observé
  • la narration (orale ou écrite) pour bien comprendre la littérature
  • la copie pour parfaire sa calligraphie
  • un livre des siècles pour connecter les différents personnages historiques entre eux
  • la dictée tirée d’une oeuvre littéraire classique pour apprendre le vocabulaire au lieu d’une liste de mots
  • des travaux manuels pour pouvoir se débrouiller dans la vie de tous les jours
  • l’étude de l’appréciation de l’art (peinture et musique)
  • l’étude de la poésie et de Shakespeare
  • l’apprentissage de plusieurs langues comme le français, le latin, l’allemand et l’italien

Méthodes Pédagogiques : Thomas Jefferson

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J’aimerais partir de cette citation de John F. Kennedy qui recevait à la Maison Blanche un groupe de Prix Nobel à sa table : « La réunion la plus extraordinaire de talents, de connaissances humaines, qui ne se soit jamais tenue à la Maison Blanche, sauf peut-être quand Thomas Jefferson dînait seul. »
Qui est Thomas Jefferson? Ayant fait un cours d’histoire des États-Unis au Cégep, je savais qu’il était un des premiers à avoir été élu président et qu’il avait sa face sur une pièce de monnaie mais à part ça, pas grand chose…
À force de rechercher différentes pédagogies sur le web, j’ai vu qu’on y parlait de « pédagogie Thomas Jefferson ». Mais c’est quoi le rapport? Eh bien! Imaginez-vous que Thomas Jefferson n’était pas ce qu’on peut appelé un deux de pique. Il était très brillant ce monsieur, je dirais même plus, très très brillant… En plus d’être homme d’État, il était philosophe, agronome, inventeur, architecte, ambassadeur en France, défenseur des Droits de l’Homme et rédacteur d’une grande partie de la Déclaration d’Indépendance Américaine. (Source : Wikipédia)Voici en quelques points le résumé de cette pédagogie: (je me suis inspirée de ce blog)

  • Thomas Jefferson croyait en la force de l’éducation classique.
  • Il ne pouvait vivre sans livres. (Il avait une magnifique bibliothèque dans sa résidence.)
  • Il s’était fait une règle de ne jamais lire une traduction lorsqu’il pouvait lire l’original. Il avait étudié le latin et le grec ancien.
  • Il croyait qu’il fallait apprendre le plus de langues possibles. En plus du latin et du grec, il parlait le français, l’italien, l’espagnol et plus de dix dialectes amérindiens.
  • Thomas Jefferson croyait en l’utilisation de livres « vivants » et pas en l’utilisation de manuels scolaires.
  • Il croyait que c’était important que tous les enfants apprennent l’histoire.
  • Il croyait en l’apprentissage individuel.

Thomas Jefferson a prit part à une importante tranche de l’histoire des États-Unis. Il fut le premier secrétaire d’état de George Washington. Il conçut aussi les plans de l’université de Virginie.

Ce que j’aime de l’éducation classique…

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Après vous avoir présenter l’éducation classique, j’aimerais vous partager mon opinion sur celle-ci.
Tout d’abord, j’aime bien les cycles de quatre ans qui se répètent toujours de plus en plus en profondeur. J’aime que l’on traite de l’histoire en ordre chronologique. Parler de l’histoire à chaque année et pas seulement qu’en secondaire 2 et 4 comme dans « mon temps ». Je crois que j’ai oublié de mentionner que l’on traite la géographie en même temps que l’histoire. Donc, si on voit l’histoire de la Grèce antique, on en profite pour regarder aussi où elle se situe pour mieux comprendre son histoire. La géographie d’un pays a souvent été à la base même de son histoire. Il n’y a qu’à penser à la lutte pour les meilleurs territoires agricoles, les richesses naturelles, le contrôle de l’eau potable, etc…
J’aime aussi les sciences : biologie (animaux, humain et végétaux), sciences de la terre et astronomie, chimie et physique. Passer une année sur chaque sujet plutôt que quelques leçons de toutes ces matières dans une même année et ne pas avoir le temps de s’attarder sur un sujet.J’aime l’étude du latin. Le latin est la base de plus de 25 langues européennes. C’est aussi le langage des sciences et de la médecine. Apprendre le latin nous aide à comprendre notre propre langue : le français. Le latin est la langue la plus ordonnée qui soit et elle aide à structurer les pensées. Mon conjoint et moi avons très hâte d’apprendre le latin avec notre fils. Ce sera pour nous, une activité familiale.

Méthodes pédagogiques : Éducation classique (Phase Rhétorique)

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Le troisième cycle du trivium (la rhétorique) s’étale de la neuvième à la douzième année. Aux matières déjà couvertes dans la phase « Logique », soit : grammaire, écriture, mathématiques, sciences, latin, religion, arts plastiques, musique et langue étrangère, nous ajoutons la rhétorique et l’étude des « Grands livres ». On reprendra le même cycle de quatre ans en sciences en allant encore plus loin. On peut aussi ajouter en onzième et douzième année de l’informatique si on ne fait pas de mathématiques avancées.
La rhétorique est l’art de l’expression. Durant cette étape, l’étudiant apprend à s’exprimer avec aisance, grâce, élégance et persuasion. Comme l’expression de soi est un des plus grands désirs de l’adolescence, les étudiants du deuxième cycle du secondaire devraient avoir une formation en rhétorique pour qu’ils puissent dire, clairement et de façon convaincante, ce qu’ils ont dans la tête.
Les quatre dernières années de l’éducation classique met l’importance sur l’expression et la flexibilité. L’étudiant s’exprime continuellement en écrivant et en parlant de ce qu’il apprend. Au début, la rhétorique est une matière à étudier comme les autres, comme la logique durant les années précédentes. Mais les compétences acquises en étudiant la rhétorique sont ensuite exercées en histoire, sciences et littérature. Durant les deux dernières années d’études, l’étudiant entreprendra deux projets d’écriture majeurs portant sur un sujet de son choix, qui montreront sa maîtrise de la rhétorique autant que ses connaissances.
Une autre caractéristique distinctive de l’étape de la rhétorique est sa concentration sur les « Grands livres ». L’histoire et la littérature entrelacées, l’étudiant lira les oeuvres des grands penseurs de la Grèce antique jusqu’à aujourd’hui. Les « Grands livres » sont la rhétorique en action; leur force de persuasion a résisté à l’épreuve du temps. Pendant que l’étudiant explore la rhétorique des auteurs classiques, il analyse la force de leurs arguments. Les « Grands livres » procurent une perspective historique sur les vérités acceptées par notre temps; ils peuvent empêcher l’étudiant de gober la rhétorique des orateurs modernes sans l’avoir préalablement digérée. (Note : Cet article est en grande partie une traduction libre du livre « The well-trained mind » afin de bien résumer le sujet.)

Méthodes pédagogiques : Éducation classique (Phase Logique)

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Le deuxième cycle du trivium (la logique) s’étale de la cinquième à la huitième année. Aux matières déjà couvertes dans la phase « Grammaire », soit : grammaire, écriture, mathématiques, histoire, sciences, latin, religion, arts plastiques et musique, nous ajoutons la logique et l’étude d’une langue étrangère. On reprendra le même cycle de quatre ans en histoire et en sciences en allant plus loin.
Aux alentours de la quatrième année, l’enfant commence à raisonner. Il commencera à remarquer les exceptions bizarres dans les règles d’orthographe, il se posera des questions comme : « Pourquoi Alexandre le Grand voulait-il conquérir le monde entier? » ou bien « Qu’est-ce qui garde la Terre en orbite autour du Soleil? » Il commencera à faire des généralités, à questionner, à analyser et à développer sa pensée abstraite.
Dans la phase « Logique », l’élève commence à connecter tous les faits qu’il a apprit et découvre les relations entre eux. En première année, l’enfant a appris que Rome est tombée aux mains des Barbares; en cinquième année, il demandera pourquoi et découvrira que les taxes élevées, la corruption et qu’une armée constituée entièrement de mercenaires ont affaibli l’Empire. En troisième année, il a apprit comment multiplier les nombres à deux chiffres ensemble pour produire une réponse, en septième année il se demandera : « Qu’est-ce qu’il se passerait si j’aurais qu’un seul nombre à deux chiffres avec une réponse? Est-ce que je peux trouver le nombre manquant si je l’appelle x ?
L’étape de la « Grammaire » a préparé l’élève du troisième cycle du primaire-début secondaire à l’étape de la « Logique » de deux manières différentes. Premièrement, l’élève ne devrait plus avoir de difficulté avec les bases de la lecture, de l’écriture et d’arithmétique. Deuxièmement, l’enfant a déjà été exposé aux rudiments de l’histoire, de la science, de l’art, de la musique et autres sujets. Il a donc un ensemble de connaissances qui lui permettra d’avoir une pensée critique.
L’éducation classique ne consiste pas à insérer un cours de logique et de latin dans une cinquième année standard. La logique sert plutôt à entraîner l’esprit à aborder chaque matière d’une façon particulière; à trouver des modèles et des relations entre chaque sujet.L’étude systématique de la logique équipe le penseur débutant d’un ensemble de règles qui l’aidera à décider si oui ou non il peut faire confiance à l’information qu’il reçoit. Cette logique l’aidera à se poser les questions appropriées.

(Note : Cet article est en grande partie une traduction libre du livre « The well-trained mind » afin de bien résumer le sujet.)

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